Girardin IS
Pour qui ?
La loi Girardin à l’IS concerne toutes les sociétés passibles de l’impôt société (commerciale, artisanale, industrielle, libérale) quelle que soit leur taille.
Références
1) L’article 217 undecies prévoit que le montant total de l’investissement immobilier est totalement déductible du bénéfice réalisé par la société.
2) Taux d’imposition d’IS : 15% jusqu’à 38 120 € de bénéfice ; 33,33 % au delà de 38 120 € de bénéfice.
3) Le montant des dividendes versé aux associés est rajouté à leur revenu global, aux titres des revenus de capitaux mobiliers, à hauteur de 60 % des sommes encaissées.
4) Le taux marginal d’imposition retenu pour les associés est de 40 %.
5) Report du déficit fiscal (- 20 000 €) de l’année 2007.
Situation au 31 décembre 2007
| Situation au 31 décembre 2007 | SARL A | SARL B |
| Bénéfice comptable avant impôt | 180 000 | 180 000 |
| Investissement immobilier dans les DOM | | 200 000 |
| Bénéfice fiscal avant impôt (1) | 180 000 | -20 000 |
| Détermination de l’impôt société | | |
| 15% jusqu’à 38 120 € | 5718 | |
| 33,33 % au-dessus de 38 120 € | 47 288 | |
| Montant de l’impôt société dû (2) | 53 006 | |
| Bénéfices après impôt distribuable aux associés | 126 994 | 180 000 |
| Montant des dividendes imposables à l’IRPP (3) | 76 196 | 108 000 |
| Montant de l’IRPP dû par les associés (4) | 30 478 | 43 200 |
| Dividendes nets perçus par les associés | 96 516 | 136 800 |
Un investissement immobilier de 200 000 euros permet :
- à la SARL B de réaliser un gain net fiscal d’impôt société de
53 006 € ;
- aux associés de réaliser un gain net de trésorerie (hors social) de 136 800 € - 96 516 € soit
40 284 € en cas de distribution sous forme de dividendes de l’ensemble des bénéfices
Situation au 31 décembre 2008
| Situation au 31 décembre 2008 | SARL A | SARL B |
| Bénéfice comptable avant impôt | 100 000 | 100 000 |
| Bénéfice fiscal avant impôt (5) | 100 000 | -20 000
80 000
|
| Détermination de l’impôt société | | |
| 15% jusqu’à 38 120 € | 5718 | 5718
|
| 33,33 % au-dessus de 38 120 € | 20 625 | 13 959
|
| Montant de l’impôt société dû (2) | 26 343 | 19 677
|
| Bénéfices après impôt distribuable aux associés | 73 657
| 80 323 |
| Montant des dividendes imposables à l’IRPP (3) | 44 194
| 48 194
|
| Montant de l’IRPP dû par les associés (4) | 17 678
| 19 278
|
| Dividendes nets perçus par les associés | 55 979
| 61 045
|
Un investissement immobilier de 200 000 euros permet :
- soit à la SARL B de réaliser un gain net fiscal d’impôt société de 26 343 € - 19 677 € soit
6 666 € ;
- soit aux associés de réaliser un gain net (IR payé) de trésorerie (hors social) de 61 045 € - 55 979 € soit
5 066 € en cas de distribution sous forme de dividendes de l’ensemble des bénéfices.
Résumé de l'opération
| Économie globale d’impôt sur les sociétés | 53 006 + 6 666 = 59 672 |
| Surplus de dividendes nets d’impôt encaissés par les associés | 40 284 + 5 066 = 45 350 |
Conformément aux dispositions de l’article 217 undecies du CGI, le bien immobilier peut être cédé à l’issue d’une période de location de 6 ans.
Prenons comme valeur de revente : 200 000 €, correspondant à la valeur d’achat.
Pour une revente en début d’année 7, l’excédent global et final de trésorerie s’élève à 66 159 €.
| Investissement autofinancé | |
| Économie d’impôt société | 59 672 |
| Vente – Remboursement anticipé de l’emprunt | 63 085 |
| Effort de trésorerie liée à l’investissement | - 56 598 |
| TOTAL de l’excédent de trésorerie dégagée par la SARL B | 66 159 |
Détail de l’effort de trésorerie
| Remboursement de l’emprunt (200 000 € à 4,7 % sur 15 ans) | 19 400 |
| Frais complémentaires liés à l’exploitation de l’immobilisation | 2 800 |
| TOTAL Charges Annuelles | 22 200 |
| Encaissement des loyers (625 x 12) | 7 500 |
| Économie d’IS liée aux charges d’emprunt et d’amortissement | 5 267 |
| TOTAL Recettes Annuelles | 12 767 |
| TRÉSORERIE ANNUELLE NETTE | 12 767 - 22 200 = - 9 433 |
| TRÉSORERIE ANNUELLE NETTE sur 6 ans | - 56 598 |
Détail des dividendes perçus par les associés
Il convient de prendre en compte, l’impact social provenant de la distribution des dividendes, sachant que les revenus de capitaux mobiliers sont soumis à la CSG, CRDS au taux de 11 %.
| Impact social pour les associés de la SARL A (2007/2008) | (73 657 + 126 994) x 11% = 22 071 |
| Impact social pour les associés de la SARL B (2007/2008) | (80 323 + 180 000) x 11% = 28 635 |
| Impact supplémentaire pour les associés de la SARL B | - 6 564 |
| GAINS REELS pour les associés SARL B (fiscal – social) | 40 284 + 5 066 - 6584 = 38 786 |
A l’issue des 6 ans, l’investissement réalisé par la SARL B, bénéficiant des avantages liés à l’application des principes prévus par l’article 217 undecies du CGI a permis :
| GAIN DE TRESORERIE pour la SARL | 66 159 |
D'autre part
D’autre part, l’opération de défiscalisation réalisée en 2007 par la SARL B va générer, une importante bouffée d’oxygène de trésorerie durant les années 2008 et 2009 provenant :
- en mai 2008 d’un remboursement du trésor public des acomptes d’IS réglés en 2007 par la SARL B sur la base de son bénéfice fiscal imposable de l’année 2006 ;
- d’une pause fiscale totale, en trésorerie, concernant l’impôt société du 01.01.2008 jusqu’au 15.04.2009 (excepté le règlement de l’IFA qui depuis la loi de finance 2005 devient une charge d’exploitation due par toutes les sociétés soumises à l’IS dépassant un CA minimum).
Hypothèse
| Bénéfice fiscal 2006 : 140 000 € pour les SARL A et B |
| IS du au titre de l’exercice 2006, soldé le 15.04.2007 et servant de base pour les acomptes d’IS 2007 réglés en quatre échéances durant l’année 2007 et soldé le 15.04.2008. |
|
| 38 120 x 15 % = 5 718 |
| 101 880 x 33,33 % = 33 960 |
| TOTAL = 39 678 |
La défiscalisation opérée par la SARL B lui génère donc au 31.12.2008 un excédent de trésorerie de 53 006 + 39 678 = 92 684 € lié à l’économie d’IS.
Conclusion
Le dispositif « Girardin à l’IS » permettra :
- à la SARL B, au terme des 7 ans, avec une revente non revalorisée, de récupérer une somme de 66 159 € comparable à l’économie d’IS réalisée de 59 672 € ;
- aux associés de maximiser une rémunération immédiate ;
- de profiter du seul mécanisme permettant un « double amortissement » ;
- de profiter aussi bien du « carry-back » que du report en avant.